Classé dans : Les Pensées Absurdes | Mots-clefs: marchande, saltimbanque, vent
Un drôle de saltimbanque arrêta une jeune libellule sur son chemin. Elle pourchassait le temps qui filait devant. La poursuite brusquement interrompu se transforma en un pétillant échange.
- Que faites-vous dans la vie mademoiselle?
- Ça dépend sous quel angle vous poser votre question monsieur.
- Qu’est-ce qui occupe la majorité de votre temps alors?
- Je suis une marchande.
- Quel produit distribuez-vous à tous vos chaleureux clients?
- Du vent.
- Du vent?
- Oui, du vent!
- Comment vous y prenez-vous? Vous l’enfermez dans des cartons à jolies motifs que vous redistribuez?
- Si l’on veut. Tout au long de la journée, je donne des prix suite à des calculs de probable éventualité. Je charge le superflu suite aux catastrophes qui furent improbable, je facture le risques qui ne se présentera sans doute jamais.
- Et le soir venu?
- Ma faculté de marchande se métamorphose. Mon produit, je le façonne, le manipule, le transfigure. Je le secoue, le bouscule, le chambarde, le trouble. Parfois il coule doucement provenant d’une source fraîche et paisible. Parfois il est éjecté violemment d’un aéroplane en détresse qui cherche un lieu pour l’atterrissage. Parfois il est régurgité par le mépris, le dédain puissant de mon univers.
- Et quel en est le résultat final?
- Le tout devient périple insensé vers des univers insoupçonnés.
Elle repris ses pas enflammés sur la route qui allait les séparer laissant derrière elle des étincelles dans le regard du saltimbanque.
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