Valérie Magique ou L’interminable Périple Labyrinthique


Les Boucles en Boutons
Mercredi, 18 juin, 2008,
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Déménager.

Toujours la même histoire.

Tout ranger, le plus soigneusement possible, dans des cartons ramassés un peu partout. Tout étiqueter pour faciliter l’étape de tout replacer une fois rendu sur place. Mettre sa vie en format compact pour se perdre pendant quelques jours dans cette cacophonie.

Ranger, plier, tenter de mettre l’ordre pour essayer de se retrouver dans son fouillis. Plus la tâche avance, plus les découvertes archéologiques sur les différentes couches de sa vie s’approfondit. Puis voilà que les souvenirs enfouis rejaillissent même s’ils ne sont pas désiré.

J’ai trouver une vieille boite empoussiérée, bien rangée sous le lit. J’avais enfin réussit à l’oublier. Une toute petite boite qui porte en elle le poids d’une vie d’avant. Celle qu’on à mise de coté pour ne plus y penser. Les cartons empilés disparaissent de notre univers pour nous laisser seul, assis, la petite boite sur les genoux. Elle nous fixe pendant de longues minutes, peut-être même des heures. Le temps s’est figé pour me laisser penser.

Penser à cette journée ensoleillée de Juillet. Celle où le temps n’importait pas. Celle où nous avions flâner des heures en regardant par la fenêtres des boutiques. Je t’avais pointer ces jolies boucles en boutons. Celles dont je te parlais depuis déjà des semaines. Celles qui je savais seraient déjà mes préférées. Celles que tu m’avais déjà acheté mais que tu me décrivaient comme étant ridicule pour ne pas que j’entre dans la boutique pour me les procurer.

Sans raison, tu me les a offerte. Tu me les a mises et ma regarder avec ton plus beau sourire. Sans raison, tu m’as fait le plus grand plaisir, sans jamais penser que cette journée, tout comme toi et moi se terminerais.

Je les avais rangées au plus loin de mes souvenirs dans cette petite boite quand le soleil s’est coucher sur cette journée, tout comme sur toi et moi. Ce bonheur, je l’ai gardé enfouit jusqu’à aujourd’hui, où le hasard a voulu que je les retrouve.

J’ai voulu les remettre, pour y penser un peu, mais elles se sont brisées lorsque j’ai voulu le faire, tout comme toi et moi.

Probablement pour me rappeler qu’aujourd’hui, c’était ton anniversaire.

J’ai ranger les boucles brisées dans leur boite afin de les oublier. Je l’ai retrouverai dans un an. J’aurai peut-être su trouver le courage en les revoyant de t’appeler pour te souhaiter Joyeuse Anniversaire.



Dialogue Matinal
Lundi, 10 mars, 2008,
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- De la confiture sur votre cerveau?

- Ahhhh Mais si, mais si!

- Elle est un excellent moyen de boucher vos canaux circulatoire d’ondes de réceptivités sensorielles nerveux.

- Je comprends!

- Avec vos oreilles en rôties, le tout se portera à merveilles dans cette sandwich de tête à tête.

- Tout à fait.

- Votre journée en sera comblé par l’apport de miel cervical ainsi bien liquéfié dans votre réceptacle crânien.

- Vous trouvez?

- Puis-je me permettre de vous presser un breuvage d’agrume par les pores faciales?

- Probablement un pure plaisir.

- Je devrai par contre agrémenter vos cheveux par le biais de gruau de façon à extraire le maximum de lustration sous votre voile capillaire.

- Je m’en délecte déjà l’estomac.

- Je vous néglige donc la note par l’entremise de votre pourboire.

- Et je vous en remercie de m’avoir sustenter par ce déjeuné de confusion.



Copie Conforme
Mardi, 4 mars, 2008,
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Mon humeur va de paire avec la température matinale d’aujourd’hui, maussadement amer. Tout est gris dans mon univers, dans le ciel aussi.

Une question tourne et retourne dans mon esprit. Elle danse sur un air moqueur, me pointant du doigt pour m’abaisser, me trouvant déplorable. Elle martel de plus en plus fort la même ritournelle, entrainée par la cadence de plus en plus rythmé. Elle me hante, me trouble, me rend malade.

Je suis minable. Voilà déjà un bon moment que je n’ai rien créé, me scande-t-elle. Qu’aucune émotion n’est apparut de mon pinceau, qu’aucun cliché n’est sortie de mon appareil, qu’aucun croquis n’a su me garder éveillé toute la nuit, qu’aucun projet a réussi à me tenir sur la corde raide. Je suis de plus en plus minable.

- QU’EST-CE QUE TU FOU!, me hurle-t-elle.

Je suis prise au piège. Enchaînée par une immense corporation qui me tend les clés de la porte du grand rêve mélancolique dont tous les copies humaines souhaite accéder un jour. Tous en rang, dans un enchaînement démesuré d’androïde qu’ils sont, attendant sans broncher la même vie morose que sont semblable. Et m’y voici à mon tour, atteignant un rêve que je n’ai jamais désiré, jamais souhaité, jamais espéré.

Je m’enfonce comme toutes ces gens qui ont rangé au plus profond d’un placard l’étincelle qui les enflammait pour ne devenir qu’un inerte copie conforme de la mélancolie.



Absance prolongée
Mercredi, 27 février, 2008,
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J’ai absolument rien à vous dire aujourd’hui. J’aurais beau me vomir les tripes à l’écran, je crois que le résultat en serait plutôt déplaisant.

Le tout émane de ma drôle de journée. J’y ai flotté comme transporté par une curieuse transe. Probablement causé par mon manque de sommeil de la veille. Un étrange mélange de café au lait et d’aveux inusités qui ont fait travailler ma tête sans interruption jusqu’à l’inévitable effondrement. Je me suis perdu au fil de mes pensées et mon insouciance ne m’a définitivement pas aidé. Aurais-je du déposer tout au long du chemin de petits cailloux scintillant m’aidant à reprendre la direction du retour? Probablement pas… Ma tête s’en serait retrouvée à la renverse alourdi par le poids du gigantesque labyrinthe tricoté par le tracé que j’ai emprunté.

Résultat de cette insomnie? J’ai donc du m’absenter du travail. Exilé dans les recoins les plus sombres de mon esprit, c’est une automate qui a su prendre la relève le temps de retrouver le chemin vers la réalité. Gestes robotisés, paroles standardisées, mouvements saccadés, regard absorbé. Paradoxalement, nul n’a semblé distinguer la moindre anomalie. Il faut dire qu’une fois que nous somme tous enlignés, chacun et chacune dans nos enclos en rangés, il n’y a plus vraiment rien qui importe.

Et bien que je me retrouve dans le confort douillet de mon salon, je ne suis pas toujours pas de retour.