Classé dans : Les Aventures Farfelus | Mots-clefs: ascenseur, souliers
Oui, dans ma tendre enfance, j’ai suivi des cours de cirque. J’étais même un clown. Un beau clown avec un habit rose bonbon et vert gazon. Des beaux pantalons bouffants, d’énormes boucles ornant mes lulus et un jolie nez rouge. Mon numéro le plus célèbre (le seul en fait) était un performance sur échasse devant les parents tous réunis avec leurs caméras vidéos dans la salle communautaire du village voisin. La honte totale, mais quelle fierté pour ma maman (qui rit tellement fort que c’était la seule personne dans la salle entière que j’entendais… enterrant la musique.) Malheureusement pour vous, le numéro a été à l’affiche seulement que pour une unique soirée.
Puis en grandissant, j’ai essayé de retenter l’expérience des échasses sous une forme un peu plus féminine. Les talons hauts. Vous savez, l’arrivée au secondaire apporte une envie mystérieuse d’essayer de nouvelles choses, voir même se re-looker. Vive la recherche de son moi intérieur déchirer par la déchéance de devenir adulte, séparé entre le désir d’être adulte tout en conservant les privilèges de l’enfance. Période horrible.
Moi, j’étais une anarchiste en Converse. Les talons les plus haut que j’ai porté, c’était mes Doc Martin. Coté équilibre de la cheville, j’étais (et je suis toujours) une nullité pure et dure. L’unique fois ou j’ai porté un soulier élevé de plus de deux pouces, la journée s’est mal terminée. C’est toujours comme ça quand le plan est d’emprunter les souliers de sa grande soeur, sans sa permission, tout en sachant qu’elle ne veut absolument pas que vous les portiez. Des beaux souliers rouges. Vraiment beaux.
À l’école, j’étais reconnue pour être la fille gaffeuse qui déboule les escaliers. En cinq ans de carrière secondaire, il n’y a pas une semaine où je n’ai pas déboulé les marches. Cette fois en particulier, je me suis enfourchée dans les fleurs du carrelage, tordu ma pauvre petit cheville droite et surfé sur la descente au grand complet sur les genoux, déchirant par la même occasion mes bas de nylon, écorchant mes jambes et mes genous jusqu’au sang. Vraiment sexy comme tenue. Le pire dans tout cela, c’est que j’ai été incapable de me relever. J’étais là, assise par terre, en avant de l’école au grand complet, rempli de ses 3500 élèves qui m’enjambaient sans me porter secours. J’ai du ramper jusqu’au bureau de l’infirmière, m’appliquant le plus possible de passer inaperçu. Dois-je vous mentionner que ce fut… impossible.
C’est ma soeur qui, à cette époque, fréquentait le cégep, est venue me chercher. Le fait de me voir dans une chaise roulante, gracieuseté de l’infirmière, ensanglanté et morte de honte, l’a calmé du fait de me voir avec ses souliers dans les pieds. Ce jour là, j’ai fait une croix sur les talons hauts.
Puis la vie passe, on vieillit. On se trouve un emploi dans une grosse boîte internationale. Il faut changer ses habitudes vestimentaires, jeter les t-shirts de bands et les jeans troués. On accroche au mur ses vieux converses rouges qui ne tiennent plus la routes, comme des patins, trophée d’une autre existence. Il faut les remplacer par d’autres. Thank God pour les ballerines.
J’ai un aveu a vous faire : La vie n’est PAS aussi FACILE que ÇA. Le 5 décembre prochain, exactement à 18h, j’ai mon party de Noël de bureau. Ma tenue de soirée, parce que ce genre de party il y a un code vestimentaire encore plus puissant que celui d’un bal de finissant, je l’ai déjà acheté. Un deal inimaginable sur lequel je suis tombé pendant mes vacances. J’ai acheté mon petit sac pour accompagner le tout. J’ai même déjà prévu la coiffure. Tout est calculé d’avance question de ne pas courir comme une poule pas de tête la veille dans les magasins.
Les souliers.
Oui, je les ai aussi. Je suis tombée en amour même avec cette paire de sandale en satin noir. Pour ceux qui me connaissent au quotidien, je n’ai pas besoin de vous surligner en gras à triple épaisseurs mon penchant pour les souliers et les 40 paires qui ornes mon appartement. J’ai craqué. J’ai acheté des talons hauts. Un total de quatre pouces d’extension de grandeur. Je suis dans la merde.
Je me suis donc donné un délai d’un mois pour m’entrainer. Comme un enfant de 2 ans qui apprend a etre propre, moi je m’entraine a fonctionner avec des talons hauts. Depuis le 5 que je maître le talon d’un demi pouce. Aujourd’hui, le moment de vérité avec le talon d’un grand pouce complet.
Pour ce qui est du voyage en autobus ce matin, comme un vrai charme. J’ai eu la chance d’avoir un endroit assise. Puis, je suis arrivée au bureau. J’ai réussit à traverser la rue sans me rentrer un talon dans l’asphalte pour ensuite m’écraser devant le trafic et mourir comme un raton-laveur fou qui se lance devant les voitures. Tout va bien.
NON.
Ce matin, il y a une panne d’ascenseur. Les quatre sont hors d’usage pour raison de réparation. Les propriétaires de l’édifice veulent surement éviter une poursuite pour raison de mort subite d’ascenseur qui tombe du 10e étage. Il me reste comme option les escaliers, en talons hauts. J’ai songé un bref moment les affronter nu pied. Mais je ne peux pas au nom de l’entrainement (et aussi parce qu’il y avait beaucoup de gens dans la cage d’escaliers.)
Aujourd’hui, j’ai déboulé trois étages complets et perdu ma dignité dans les fentes de prélard.
Classé dans : Mon Monde Perdu | Mots-clefs: daoust 301, honneur, pluie, souliers
Bon, O.K. J’ai fini de bouder, je vous livre enfin l’histoire des Daoust 301. Pour ceux qui ne connaissent pas l’objet rétro, non, il ne s’agit pas de patin à glace. Il s’agit d’un modèle de chaussure qui, lorsque je débutais le secondaire, était LA paire de chaussure à posséder. Dieu sait comment il est important au secondaire d’être ”trendy”. Ceux qui n’en ont jamais possédé, j’allumerai un lampion pour vous, promis.
Il fallait que la pluie fasse son entré en ce matin, la petite vlimeuse. C’est quoi cette histoire! Je n’avais même pas eu le temps d’observer par la fenêtre, en retard comme toujours, j’enfile mes inséparable converse et je cours jusqu’à l’autobus. Quelle brillante idée avec cette tonne de plus ‘’slushy” qui couvre la totalité de la rue, jusqu’à en englober le trottoir. Bon, vous me dirai que ce n’est pas très brillant de porter des converse par une température aussi pleine d’humidité comme celle-ci (même qu’à ce stade, ce n’est pas un très bon choix de mot ”humidité”. Il ‘agit plutôt de rivière dans les rues) .Vous croyez que je n’étais pas au courant!? Je les aimes mes converse. Je ne peut rien y faire. Moi et mes souliers, ont vit une histoire d’amour assez intense. Je ne peut m’en défaire c’est la loi.
Ce qui est assez horrible dans tout ça est que je possède une paire de soulier prévu à des températures comme celle de ce matin là. Malheureusement, je n’avais pas eu mon rendez-vous avec Colette la veille, je suis rentré trop tard. Elle n’a pas pu me prévenir de les préparer, de les sortir de leur boite et de leur faire l’honneur d’être portés pour une première fois. Je n’ai même pas pu le faire! Mes jolies ”chouclaque” de sans abri devront encore patienter pour le moment. Il faut dire que la gêne de les porter n’aide pas beaucoup. Elles sont tellement affreuses que même un unijambiste refuserait de les avoir au pied.
Quelle idée m’est passé par la tête, me direz vous, de me procurer des monstruosités de la sorte? Bien, ce n’était pas le plan d’origine. Par une jolie journée enneiger, pendant la période des fêtes, je suis allée faire quelques emplettes questions de me débarrasser des cadeaux que je devais acheter. Moi qui déteste cette période de l’année, je me suis dit que plus vite j’achèterais n’importe quoi, plus vite le tout serais enfin derrière. Puis, tant qu’à acheter vraiment n’importe quoi, aussi bien se rendre sur la chic rue Masson.
J’apporte donc mon copain du moment, question que le magasinage soit moins pénible. Comme les magasins sur la charmante promenade Masson sont laids et sans trop d’attrait, un peu de consommation personnelle se fait vite sentir.
- Il y a un Pitt Chaussures. Je veut y aller, j’ai besoin de souliers
Il me regarde avec de gros yeux. Moi besoin de souliers? Le mot besoin est bien grand. Je n’ai pas vraiment besoin de soulier dans le sens que ma paire de soulier est déchue. J’ai besoin de souliers plutôt pour calmer mes ardeurs de junkie névrosée. Puis de toute façon, qui aurais cru que j’aurais sincèrement dépenser de l’argent dans un Pitt Chaussures.
- O.K. Moi je veut des Daoust 301.
Des quoi! Je n’avais pas entendu ces mots depuis des années! Incroyable!
- Ils en fabriquent encore?
- C’est ce que nous allons découvrir!
Il s’agit toujours d’une expérience sensorielle expérimentale que d’entrer dans un magasin horrible. Pour ma part, moi qui adore tout ce qui est kitch est laid (je vous parlerai de ma chaise téléphone suédoise un jour), le Pitt Chaussures est pour moi un temps de méditation. Les souliers les plus laids de la terre s’y trouvent tous enlignés les uns suivant les autres. Juste en les regardant, je m’imagine toutes les Lyndas de ce monde qui les collectionnent, le la plus laides à la plus horrible, admirant l’ignoble designer de fond de sous-sol qui les a créées.
Vite fait, voilà le tour des étagères complétées et nous vivons chacun deux horribles déceptions. Il n’y a plus de Daoust 301. C’est un item qui est depuis déjà trop longtemps discontinué. Il va falloir se rabattre sur l’indémodable chaussure grise à scrounch scounch de chez Zellers pour enfin avoir l’air de deux clochards. Il n’y a pas non plus aucune paire de jolie chaussure que je peux me procurer à prix modique pour par la suite les montrer à tout le monde en disant : << Ils sont beaux heinnnnn mes souliers! Devine le prix que je les ai payé!>> Non, pas cette journée là.
C’est à ce moment précis que je la vue apparaître dans un aura de lumière. Une boîte gigantesque dans le fond du magasin, laissée à elle même. Il y avait sur le dessus un écriteau invitant le publique à y plonger la main, même au risque de se la faire dévorer par les rats du magasin qui devaient y loger.
- T’as vu! Seulement 5$ ou moins! Il doit bien y avoir quelque chose à acheter.
Encore le même regard de désapprobation que tout à l’heure! Que l’humanité le veule ou non, je sortirai d’ici avec une paire de souliers, c’est décidé. Bon, comme il y avait seulement que deux paires à ma taille dans la boîte, le choix à été très difficile. Il faut dire qu’il s’agissait de la même paire, tout à fait identique à part un petit détail, la couleur.
- Alors! Toi tu prendrais lesquels? Vert ou bleu?
- Euh… T’es pas sérieuse la. AUCUNE. Les deux sont vraiment affreuses!
- J’ai dit, VERT OU BLEU???
- J’t'avertis, si tu achètes et mets ça, c’est quand je suis pas là.
Faut tu être bébé boudeur chialeur rien qu’un peu! Juste à cause de ce petit détail, j’ai décidé de prendre les vert. Et mon orgueil est totalement blessé par ce que je vais vous apprendre, mais il avait raison. C’est tellement laid, c’est indescriptible. J’en ai aucun mot. Deux grosses chouclaques vertes année 90 en caoutchouc jusqu’à la cheville ornée de moutmout mauve et bleu à l’intérieur, le tout lacé par de jolies lacets rappelant l’intérieur.
Après déjà trois mois de sommeil dans le fond du garde-robe, je cherche toujours une raison pour les enfiler et ne pas donner raison à mon ex petit ami. Jusqu’à ce jour, il à gagné. Je t’attends prochaine journée de pluie pour enfin regagner mon honneur!
Et pour votre plus grand plaisir, je les ai pris en photo.
Classé dans : Mon Monde Perdu | Mots-clefs: daoust 301, nostalgie, souliers
Cher lecteurs,
Je suis présentement en pleine rédaction. Je vous écrivais une jolie histoire qui parle de Daoust 301. Je me suis rendu compte en écrivant que c’est très mauvais, que sa tourne en rond et que franchement, si même moi je n’ai pas envie de lire cette histoire, probablement que vous non plus. De plus, la majorité d’entre vous, j’en suis convaincu, ne savez même pas ce que c’est des Daoust 301. À quoi bon essayer de me forcer à rendre cette histoire intéressante. Vous ne saisirez probablement pas la subtilité de l’histoire vu votre manque de culture kitch des années 1990 face à la glorieuse époque des Daoust 301.
C’est que voyez vous, je suis soudainement partie dans un délire soudain. Je me suis mis a vous parler de souliers et je me suis vu en train de magasiner pour me procurer une nouvelle paire de chaussures. Il n’y a pas a dire, j’en suis devenu toute retournée. Je suis une junkie névrosé de la chaussure. Voilà c’est dit.
Je vous poserai donc la question suivante pour retrouver la motivation à terminer mon billet qui sinon terminera dans les décombres de mes archives inachevés inédites. Qui d’entre vous chers lecteurs et lectrices sais de quoi je vous parle lorsque je répète sans cesse le mot Daoust 301? Et qui en à fièrement porté lors de sa jeunesse frivole?
Je me demande surtout quelle est le lecteur moyen qui épluche mes supercheries jour après jour. Avez-vous les mêmes repaires que moi dans la vie? Avez-vous consommé la même pop culture que moi lorsque vous étiez encore sur les banc d’écoles de premier cycle? Connaissez-vous ”Kim et Clip”? Les Traboulineurs ont-ils hanter vos télévisions? Quand on est quatre sa va quatre fois mieux? Le spectacle des B.B. n’a-t-il pas été un point tournant dans vos goûts musicaux? Avez-vous été autant pris d’émotions que moi, haine, colère, déception, étonnement et trahison, lorsque vous avez appris que Robin, c’est une fille? (je suis franchement désolé pour ceux qui ne le savaient pas encore). Regardez-vous encore Ciné-Cadeaux, les yeux emplie d’espoir en souhaitant ne jamais voir cette parcelle de joie s’éteindre? Étiez-vous, vous aussi en amour avec Astro?
Donc, convainquez moi que vous voulez absolument que je vous livre ma péripétie avec mes botte d’eau laide verte forêt ornée fourrure bleu et mauve que je me suis procurée justement pour créer une situation de malaise (si quelqu’un réussit à trouver le lien avec les Daoust 301, vous êtes fort). Je veut savoir qui vous êtes aussi un peu. Parce que sincèrement, quand je vois que le dernier lecteur que j’ai eu est tomber sur mon site en recherchant dans Google ”meilleures images su sexex féminin” je me dit qu’il a du être déçu en maudit quand il a fouiner sur mon site.
